Des adoptés du Sri Lanka à la recherche de leurs familles biologiques dans un contexte de trafic d’enfants.

 

Des adoptés originaires du Sri Lanka se mobilisent pour faire éclater un scandale de fraudes à l’adoption dans leur pays d’origine.
Céline, adoptée au Sri Lanka, a alerté les instances sur ces fraudes qui remontent à près de 40 ans et qui sont encore peu médiatisées en France. Soutenue par l’association la Voix des Adoptés dans ses démarches, Céline tente de recueillir et d’informer largement sur ces pratiques illégales. Cette action est conjointe avec des adoptés d’autres pays d’Europe. De nombreux enfants adoptés, devenus adultes aujourd’hui, se demandent s’ils ne sont pas concernés par le trafic d’enfants, les malversations et l’intimidation des mères biologiques dans ce pays. Environ 11 000 enfants ont été adoptés au Sri Lanka entre 1970 et 1990. Une grande partie d’entre eux seraient concernés par le trafic avec pour la plupart une falsification de leurs papiers. [source : reportage Zembla *]

Au Sri Lanka, des médecins, avocats, intermédiaires ainsi que les services de protection de l’enfance avaient mis en place un système très élaboré de marchandage d’enfants :
Des « baby farms » (Litt. : fermes de bébés), dans lesquelles des femmes démunies servaient de « ventre » étaient ensuite forcées de vendre leurs bébés aux agences d’adoption. D’autres enfants étaient enlevés à la maternité à leurs familles biologiques souvent sous la contrainte ; il arrivait parfois qu’on leur dise que le bébé était mort. Certaines femmes quant à elles étaient violées pour le marché de l’adoption. 

Puis, des femmes se faisant passer pour les mères biologiques, signaient les papiers d’abandon et accompagnaient les bébés jusqu’aux parents adoptifs qui ne se doutaient de rien. Les enfants étaient adoptés, essentiellement en Europe, avec des certificats de naissance falsifiés. « N’importe qui au Sri Lanka peut être mes parents» (Une adoptée). Aujourd’hui, de nombreux adoptés originaires du Sri Lanka, notamment aux Pays-Bas, en Suisse, en Australie et en France, munis seulement de ce qu’ils soupçonnent être de faux certificats de naissance sont à la recherche de leurs familles biologiques. Ils réclament le droit de lever le secret qui entoure leur naissance : la famille biologique les a-t-elle confiés à l’adoption de son plein gré ? Les enfants ont-ils été vendus ? Sont-ils issus – ainsi que d’éventuels frères et sœurs – d’un trafic d’enfants à grande échelle dans leur pays de naissance ?

Le ministre de la santé du Sri Lanka a notamment reconnu l’existence de fermes de bébés. A l’issue d’une rencontre entre des pays d’accueil d’Europe et l’autorité centrale du Sri Lanka, et à la demande de nombreux adoptés, cette dernière s’est montrée favorable à l’établissement d’une procédure légale pour aider les adoptés et les familles biologiques à se retrouver. En France, la Mission de l’Adoption Internationale est à l’initiative du rapatriement des dossiers français des adoptés du Sri Lanka, détenus jusque-là à Colombo. L’association la Voix des Adoptés, mais aussi d’autres associations d’adoptés en France et dans nos pays voisins, Back to the Roots (Suisse), Born in Lebanon (Suisse), Inter Country Adoptee Voices (Australie) se déclarent solidaires des actions entamées qui permettront aux adoptés concernés d’être légitimement informés et défendus.

Contact : media@lavoixdesadoptes.com

 

Adoptees from Sri Lanka are standing together to spark a scandal of adoption through fraud in their country of origin. Céline, adopted in Sri Lanka warned the authorities about these frauds which date back over nearly 40 years and have still few media coverage in France. Supported in her efforts by the association La Voix des Adoptés, Céline tries to gather information on these illegal practices and widely inform the public. This action is made jointly with adoptees of other European countries. Many adopted children, now adults, wonder if they are concerned by child trafficking, wrondoings and intimidations of biological mothers in this country. Nearly 11 000 children have been adopted in Sri Lanka between 1970 to 1990. A large part of them are estimated to be concerned by child trafficking with, mostly, forgery of their personal documents.
[source : Zembla report]

In Sri Lanka, doctors, lawyers, intermediaries as well as child care services had organized a highly sophisticated system of children bargaining :
« Baby farms », in which destitute women served as « wombs » and were later forced to sell their babies to adoption agencies. Other children were taken away often by force from their biological mothers in the maternity hospital. Sometimes the mothers were told that their baby was dead. Some women, for their part, were raped for the adoption market.
Then, some women pretending to be biological mothers signed abandonment certificates and accompanied the babies to the unsuspecting adoptive parents. The children were adopted, mainly in Europe, with falsified birth certificates. «Anybody in Sri Lanka could be my parents» (an adopted woman) Today, many adoptees form Sri Lanka, particularly in Netherlands, Switzerland, Australia and in France, holding only what they suspect to be false birth certificates are in search of their biological families. They claim the right to unveil the secrecy that surrounds their birth : did the biological family voluntarily put them in adoption ? Were the children sold ? Do they stem, as well as possible brothers and sisters, from large scale child trafficking in their country of birth ?

The Minister of healthcare of Sri Lanka acknowledged the existence of baby farms. After a meeting between European countries and Central Authority of Sri Lanka, and upon request of many adoptees, the latter supported the introduction of a legal procedure to help the adoptees and their biological families to meet up. In France, La Mission de l’Adoption Internationale (the french central authority for international adoption) is initiating the repatriation of sri lankan french adoptees’ files, previously held in Colombo. The association la Voix des Adoptés, as well as other associations of adoptees in France and in neighbouring countries, Back to the Roots (Switzerland), Born in Lebanon (Switzerland), Inter Country Adoptee Voices (Australia) declare their support for the actions initiated which will make possible to the concerned adoptees to be duly informed and defended.