La Blessure d’Abandon

En tant qu’adopté, une séparation d’avec son milieu d’origine, sa mère d’origine, a eu lieu, et peut être vécue comme une blessure avec des conséquences durables.

Nancy Newton Verrier, mère adoptive et psychologue états-unienne, parle de “blessure primitive” (Primal Wound) de l’adopté pour définir la blessure de séparation de l’adopté d’avec sa mère d’origine.

Cette blessure enfouie à l’intérieur de nous, et liée au traumatisme conscient ou inconscient que nous avons vécu bébé/enfant, peut toujours exister et nous n’en guérirons pas totalement. Mais ce qui est sûr, c’est que nous pouvons/devons apprendre à vivre avec pour avancer. Il faut apprendre à se relever, lever la tête, regarder devant. Et faire preuve de résilience, en s’appuyant sur une force d’esprit incroyable qui va nous imposer d’agir et reprendre le contrôle de soi.

Mais outre cette blessure primitive (d’intensité et d’importance variable), d’autres blessures d’abandon ont pu être subies dans le parcours pré-adoptif : séparation d’avec d’autres personnes de la famille d’origine, d’avec une famille d’accueil, d’avec des personnes auxquelles l’adopté s’était attaché dans un orphelinat, d’avec son pays , son environnement, etc.

Par essence, puisque nous avons été séparés de notre mère biologique, que nous pouvons avoir vécu de la maltraitance psychologique, physique, des conflits, du stress, que nous avons été privés d’affection, voire de soins, il est indéniable que nous en conservons des traces intérieures qui s’exprimeront de manière plus ou moins forte selon les individus.

S’agissant de nos blessure(s), primitive (‘primal wound’) ou secondaires, l’important sera de cicatriser. Connaître la cause de la blessure est certes utile mais fort heureusement pas indispensable pour les soins et la cicatrisation elle-même. Et ceci est d’autant plus important et rassurant qu’il ne sera pas toujours possible d’avoir des données fiables ou des informations précises sur le passé pré-adoptif.

Quoi qu’il en soit, il faudra du temps et de l’investissement : la guerre et la paix ne se gagnent pas en un jour…

Et idéalement, il faudrait arriver à accepter la cicatrice pour ce qu’elle est : une caractéristique parmi d’autres, qui ne nous définit pas entièrement et ne nous condamne pas à vie au malheur.

Quels que soient le passé et les blessures passées, un adopté  doit pouvoir apprendre à compter sur ses propres ressources et celles d’autres adoptés, afin qu’il puisse travailler sur ses capacités de résilience et tendre vers le bonheur dans son existence.

Pour aller plus loin…

L’enfant adopté: comprendre la blessure primitive, Nancy Newton Verrier

Le site de Nancy Newton Verrier
www.nancyverrier.com

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