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Les relations amoureuses

Le succès indiscutable des groupes de parole de la VDA sur ce thème démontre à quel point les adoptés s’intéressent à cette problématique.
Beaucoup de “partenaires”, de “conjoints” d’adoptés, nous contactent également afin d’avoir quelques conseils sur la manière de mieux comprendre cette personne qui peut paraître être en proie à des questions existentielles très sensibles, des tourments incompréhensibles, des moments de colère déstabilisants…

En fait, nous pensons que la manière dont fonctionne un adopté dans ses relations n’est pas propre à l’adoption. Mais en grande partie à la séparation qu’il a subi étant bébé/enfant. Et cela n’est pas réservé qu’aux adoptés. Les personnes ayant grandi dans leur famille mais ayant été privées d’affection, de soin, les personnes ayant été délaissées par leur famille mais qui n’ont pas été adoptées, les enfants ayant souffert du divorce de leurs parents, des bébés momentanément séparés de leurs parents pour raisons médicales …. peuvent aussi se reconnaître dans ces difficultés.

Un enfant qui, a un moment de sa vie, a subi une séparation, peut avoir ancré inconsciemment la croyance qu’il n’est pas aimable (dans le sens où il ne peut pas être aimé) et, souvent, entre dans un processus de dévalorisation de lui-même (avec le manque de confiance en soi qui va avec).

Des réactions disproportionnées

La séparation originelle (d’avec la mère biologique) a pu engendrer de l’incompréhension, de la colère, de la panique, de la culpabilité, face à cette perte vitale qu’est la mère biologique. Le corps  a pu enregistrer les effets causés, les ressentis et irrémédiablement, se mettra en alerte quand un sentiment d’abandon (lire : ressenti Vs abandon réel) se manifestera. L’adopté qui a l’impression d’être abandonné de nouveau (même si cela peut paraître disproportionné aux yeux des autres)  peut revivre physiquement cette panique que le corps déclenche dans les situations “similaires” à celle vécue initialement. Un bébé se sentant abandonné pleure pour exprimer sa douleur et son incompréhension.

Un adulte peut pleurer, mais pas forcément. Il peut aussi avoir des accès de rage, des attitudes et prises de décision disproportionnés face aux faits qui se déroulent. Peu importe, il faut lui reconnaître le fait qu’il s’est senti abandonné et que sa réaction est, elle, proportionnelle à ce qu’il ressent À CE MOMENT-LÀ ( même si c’est simplement parce que vous êtes sorti(e) chercher du pain sans le prévenir !).

Attention : nous ne sommes pas en train de valider que cela se produit de manière inévitable et intense pour tous les adoptés, ni que les adoptés ont le droit d’être violents, menaçants, insultants, car ils auraient une “excuse”. Nous avançons une explication qui peut donner une piste à leur entourage dans certaines situations de crises. Tous les adultes – adoptés ou pas – sont responsables de leurs actes, de leurs paroles et doivent en répondre, comme tout le monde. Et il ne s’agit que d’une piste parmi d’autres, car toute situation de crise n’est pas forcément liée à la séparation originelle…

Mais quand une personne a compris ce qui se joue en elle dans telle ou telle situation, c’est un grand pas ensuite pour appréhender son propre comportement et le corriger.

Le cercle vicieux

L’autre volet concernant les relations amoureuses des adoptés est le cercle vicieux que beaucoup d’entre eux connaissent.

Comme nous l’avons vu, l’enfant ayant subi une séparation pense inconsciemment qu’il n’est pas aimable, qu’il n’a pas la valeur d’être aimé(e). Il pense inconsciemment qu’il vaut moins que les autres. Il grandit comme ça. Cette pensée devient une zone de confort qui peut donc l’amener à chercher des situations qui vont le bercer dans cette croyance. L’adopté peut rechercher la présence de personnes qui ne le méritent pas ou qui ne le rendent pas heureux. Inconsciemment persuadé que c’est ce qu’il mérite, il aura du mal à sortir de ce type de relations qui peuvent être non épanouissantes voire destructrices.

L’adopté peut aussi être dans une logique de destruction et de sabotage. Le bonheur et le bien-être, dont il n’arrive pas à se saisir, il les élimine dès que cela semble être possible et retourne à sa souffrance. Souffrance finalement “réconfortante” pour lui, et dans laquelle il peut se complaire.

L’adopté peut, en raison de l’abandon initialement vécu, avoir de vraies difficultés à s’attacher. La confiance en l’autre est extrêmement difficile à obtenir. L’instinct humain de protection peut faire de la personne adoptée une personne non investie, peu démonstrative, ayant beaucoup de mal à s’engager. Ce qui peut être déstabilisant pour l’autre.

Et relations après relations, l’adopté peut ne pas réussir à trouver son épanouissement auprès d’un (ou d’une) conjoint(e).

Rien n’est écrit. Tout est à écrire.

Les explications avancées s’expriment bien entendu à des degrés différents chez chaque personne adoptée. Il n’y a pas de règle prédéfinie.
Beaucoup d’adoptés, et heureusement, réussissent à trouver leur équilibre malgré cette blessure initiale parfois traumatique car ils ont les ressources nécessaires et l’environnement bienveillant qui ont su les apaiser et leur donner une belle image d’eux-même.
Beaucoup d’entre eux s’épanouissent grâce à l’écoute, la bienveillance, la patience dont font preuve leur conjoint(e) ce qui a pour conséquence de les rassurer pour lui permettre de s’attacher.
Beaucoup d’entre eux s’épanouissent grâce à un formidable travail fait sur eux-mêmes afin de reprendre le contrôle de leurs émotions, de leurs comportements et de leurs vies.

Pour aller plus loin…

L’enfant adopté devenu adulte: renouer avec soi, Nancy Newton Verrier

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